Ressources
naturelles
Vivre et consommer nature

Préserver les ressources naturelles

produits durables

Face à la pression sur les ressources, plusieurs leviers existent. Cette page les présente par ordre d'efficacité décroissante, ce qui n'est pas l'ordre habituel des discours.

La hiérarchie

La réglementation européenne et française fixe une hiérarchie de traitement des déchets qui vaut aussi comme hiérarchie d'action sur les ressources.

La prévention, c'est-à-dire ne pas produire le déchet, donc ne pas consommer la ressource.

La préparation en vue du réemploi.

Le recyclage.

La valorisation, notamment énergétique.

Et l'élimination, en dernier recours.

Cette hiérarchie est juridiquement contraignante, et elle est souvent inversée dans les pratiques et dans les communications, qui mettent en avant le recyclage alors qu'il occupe le troisième rang.

L'économie circulaire

Elle vise à sortir du modèle linéaire (extraire, produire, jeter) en maintenant les matériaux en usage le plus longtemps possible.

Ses composantes concrètes : l'écoconception, qui décide à la conception de quatre-vingts pour cent de l'impact d'un produit ; l'allongement de la durée de vie ; la réparabilité ; le réemploi ; la réutilisation ; et le recyclage en fin de parcours.

En France, plusieurs mesures ont donné une portée pratique à cette approche : l'indice de réparabilité, la disponibilité obligatoire des pièces détachées pour certaines catégories, l'interdiction de destruction des invendus non alimentaires, et la responsabilité élargie du producteur, qui rend les metteurs sur le marché responsables de la fin de vie de leurs produits.

Le recyclage des métaux

C'est le domaine où le recyclage est le plus efficace, parce que les métaux ne perdent pas leurs propriétés.

Le recyclage de l'aluminium consomme une fraction de l'énergie nécessaire à sa production primaire ; celui de l'acier et du cuivre présente des gains comparables.

Les taux de recyclage sont pourtant très inégaux : élevés pour les métaux de base employés en grande quantité et faciles à séparer, très faibles pour la plupart des métaux critiques, dispersés en petites quantités dans des produits complexes.

C'est la limite fondamentale du recyclage : la dispersion. Un métal réparti en quelques milligrammes dans des millions d'appareils est thermodynamiquement difficile à récupérer.

La conséquence pratique est que le recyclage ne peut pas, seul, alimenter une demande en croissance : il complète l'extraction, il ne la remplace pas.

La gestion durable des ressources vivantes

Pour la forêt : plans de gestion, prélèvement inférieur à l'accroissement, diversification des essences, maintien d'arbres morts et d'îlots de vieillissement, certifications FSC et PEFC.

Pour la pêche : quotas fondés sur des avis scientifiques, tailles minimales, zones et périodes de repos biologique, réduction des captures accessoires, labels de pêche durable.

Pour les sols : couverture permanente, rotation, réduction du travail du sol, haies et agroforesterie, limitation de l'artificialisation, objectif désormais inscrit dans le droit français.

Et pour l'eau : réduction des fuites des réseaux, réutilisation des eaux usées traitées, adaptation des cultures, gestion par bassin versant.

Ce qui compte le plus

Une remarque de méthode, appuyée sur les analyses de cycle de vie.

Pour un équipement, l'essentiel de l'impact se concentre à la fabrication. Allonger sa durée de vie est donc le geste le plus efficace, très loin devant le tri du produit en fin de vie.

Doubler la durée d'usage d'un appareil divise par deux son impact annuel : aucun progrès de recyclage n'atteint ce résultat.

La réparation, l'achat d'occasion, la mutualisation et le simple report d'un renouvellement sont, à ce titre, des actions de préservation des ressources au même titre qu'une politique industrielle.

Les limites planétaires

Ce cadre scientifique définit un ensemble de processus régulant la stabilité du système terrestre, avec des seuils au-delà desquels les risques de changements brutaux augmentent.

Plusieurs de ces limites sont considérées comme déjà franchies, notamment sur le climat, la biodiversité, les cycles de l'azote et du phosphore et les nouvelles entités chimiques.

Ce cadre a l'avantage de rappeler que les enjeux ne se résument pas au carbone, et que traiter un problème en aggravant un autre n'est pas un progrès.

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